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Prévenir les violences basées sur le genre dès l’école primaire : quel rôle pour les enseignants ?

Les violences basées sur le genre ne commencent pas toujours par des actes de violence. Elles peuvent aussi prendre racine dans les stéréotypes et les comportements appris dès l’enfance. À l’école primaire, où l’enfant construit progressivement sa manière de comprendre les relations avec les autres, l’enseignant peut jouer un rôle important dans la transmission des valeurs telles que le respect, l’égalité et la non-violence. Sall Chouaïb, instituteur principal sortant de l’École Normale des Instituteurs de Nouakchott et enseignant en service depuis 2021, partage son expérience sur la place de l’enseignant dans cette prévention.

Des stéréotypes qui se construisent dès l’enfance

Comment percevoir les comportements ou stéréotypes liés au genre chez les enfants à l’école primaire ? À cette question, Sall Chouaïb souligne la grande sensibilité de l’enfant à son environnement. Celui-ci peut être influencé par ce qu’il voit et entend, mais surtout par les comportements des adultes qui l’entourent. À l’école, certains stéréotypes peuvent ainsi apparaître, notamment lorsqu’une activité est considérée comme réservée aux garçons ou exclusivement destinée aux filles.

Cependant, l’enseignant estime que l’école ne peut pas être considérée comme le seul facteur. « L’enfant est le résultat de plusieurs environnements : la famille, l’école, le quartier, les médias et la société », explique-t-il. Selon M. Chouaïb, la prévention doit être pensée comme une responsabilité collective.

L’enseignant, un modèle pour l’élève

Dans cet élan de prévention des violences basées sur le genre dans les établissements scolaires, l’enseignant doit s’atteler à inculquer à ses jeunes apprenants des valeurs comme le respect, l’égalité ou la non-violence. Pour ce faire, il doit montrer l’exemple. « Si l’enseignant veut apprendre le respect aux enfants, il doit lui-même être respectueux, patient et juste », affirme-t-il.

Cette sensibilisation peut passer par les activités de groupe, les discussions, les histoires et les jeux éducatifs. Mais elle se joue aussi dans les situations ordinaires de la classe, notamment dans la manière de régler les conflits. Plutôt que de recourir systématiquement à la punition, l’enseignant peut apprendre aux élèves à dialoguer, à reconnaître leurs erreurs et à respecter leurs camarades.

Savoir écouter et protéger

À l’en croire, la première responsabilité est d’être attentif. Un changement de comportement, un isolement ou une baisse de participation chez l’apprenant peuvent constituer des signes auxquels il faut être sensible. L’enseignant doit alors créer un climat de confiance et permettre à l’enfant de s’exprimer sans être jugé ni humilié.

Mais son rôle a aussi des limites. Lorsqu’une situation semble grave, il ne doit pas chercher à la résoudre seul. Il doit en informer les responsables de l’établissement et, selon les cas, associer les parents ou les services compétents.

Une prévention qui nécessite l’implication de tous

Sall Chouaïb évoque également notamment le manque de formation des enseignants sur certaines questions liées à la protection de l’enfant, les classes aux effectifs pléthoriques et les difficultés de communication entre l’école et certaines familles.

Pour lui, la formation des enseignants constitue une priorité. Il ne s’agit pas seulement de maîtriser une matière, mais de savoir aussi écouter, communiquer, gérer les conflits et reconnaître certains signes de souffrance chez l’enfant.

Enfin, la collaboration avec les parents reste essentielle. La prévention des violences basées sur le genre ne peut donc pas reposer sur l’école seule. Elle nécessite une continuité entre ce que l’enfant apprend en classe et ce qu’il vit dans son environnement familial et social.

Dès l’école primaire, apprendre à respecter l’autre et à rejeter la violence peut ainsi contribuer à construire des relations plus équilibrées et respectueuses.

Rahma

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