AfricTivistes CitizenLab Mauritanie a lancé, à El Mina, la campagne de vulgarisation du mémorandum pour l’adoption du projet de loi relatif à la lutte contre les violences à l’égard des femmes et des filles en Mauritanie. Une initiative portée par plusieurs organisations féminines et de la société civile, sous la coordination de l’AMSME, de l’ONG ACTIONS, et du Rassemblement général des femmes mauritaniennes (RGFM).
L’offensive communautaire pour l’adoption définitive du projet de loi « Karama » est lancée ce dimanche 27 septembre dans la commune d’El Mina. Initiée par AfricTivistes CitizenLab Mauritanie, cette campagne est consacrée à la vulgarisation, auprès de la population, de la note de plaidoyer pour l’adoption du projet de loi « Karama » relatif à la lutte contre les violences à l’égard des femmes et des filles en Mauritanie, portée par un consortium d’organisations féminines et de la société civile. « Cet évènement fondateur a rassemblé une diversité d’acteurs : leaders communautaires, religieux, universitaires, acteurs locaux et représentants de la jeunesse, notamment la plateforme des Jeunes Cadres Mauritaniens (PJCM) venue en force ».
Une approche de proximité pour vulgariser en langues nationales
À travers ces rencontres avec la population, ponctuées de séances d’explication et d’éclaircissement du sens et de la portée du texte, AfricTivistes CitizenLab espère une meilleure compréhension et une appropriation de cette loi par la population mauritanienne. L’organisation pense qu’une « loi ne peut être portée que si elle est comprise par toutes et tous ». Ainsi, les échanges se sont déroulés en hassaniya, pulaar, soninké et wolof. « Une approche de proximité indispensable pour lever les tabous, expliquer les enjeux du texte et bâtir une adhésion populaire sincère », souligne-t-elle.

Adopter le projet pour combler les lacunes du cadre juridique
Le texte de loi, validé par le gouvernement et le Haut Conseil de la fatwa, a été présenté et rejeté à deux reprises par le parlement qui le juge « contraire à la Charia ». Dans le mémorandum en faveur de l’adoption de cette loi, la coalition des organisations de la société civile souligne que le cadre juridique mauritanien souffre de « l’absence d’une loi spécifique de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles crée un écart considérable entre les engagements internationaux de la Mauritanie et la réalité vécue par les victimes ». Une situation qui ne fait que favoriser l’impunité des auteurs et la répétition des actes violents, et banaliser la violence. « Les femmes et les filles victimes subissent des traumatismes durables, tant physiques que psychologiques », peut-on lire dans la note de plaidoyer parvenue à notre rédaction. L’adoption de ce texte constitue donc « une étape indispensable pour combler les lacunes du cadre juridique mauritanien en matière de protection des femmes et des filles contre toutes les formes de violence ».
Ainsi, les signataires de ce document exhortent les autorités et les décideurs à « assurer une appropriation inclusive du texte à travers des concertations continues avec les acteurs institutionnels, communautaires et religieux », et plaident pour une adoption définitive et sans délai du texte pour la protection des filles et des femmes, et une garantie de sa mise en œuvre effective.
El Mina est donc une étape d’une dynamique nationale en faveur de l’adoption définitive du projet de loi « Karama » qui permettra de durcir les peines encourues en cas de viol ou de violences sexistes. AfricTivistes CitizenLab Mauritanie promet de poursuivre cette campagne de mobilisation et de sensibilisation à travers des rencontres de vulgarisation de la note de plaidoyer et du contenu du projet de loi.
SMD
