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Violences sexuelles : quand le traumatisme s’accompagne de risques d’infection

• Publié le 25 septembre 2026

En Mauritanie, les données de l’enquête démographique et de santé 2019-2021 documentent l’existence de violences sexuelles, y compris au sein des relations conjugales, tout en abordant la question de la protection contre les infections sexuellement transmissibles lorsqu’un mari est lui-même porteur.

Lorsqu’un rapport sexuel est imposé, les conséquences peuvent dépasser le traumatisme subi au moment des faits. La situation devient particulièrement préoccupante lorsque la femme est exposée, sans son consentement, à un risque d’infection sexuellement transmissible. Ces situations peuvent ainsi avoir des répercussions importantes sur sa santé physique et psychologique.

Pour mieux comprendre ces risques, nous  nous sommes entretenus avec Mme Maimouna Guissé, sage-femme, qui revient sur les conséquences sanitaires, émotionnelles et psychologiques possibles après un cas de violence sexuelle.

Des risques réels d’infections sexuellement transmissibles

Selon Mme Maimouna Guissé, un rapport sexuel imposé ou non protégé peut exposer une femme à plusieurs infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH/SIDA, la syphilis, la chlamydia, l’hépatite B et la gonorrhée. Elle souligne également qu’un rapport non protégé peut entraîner une grossesse non désirée.

Dans le cas où une femme est exposée à une infection lors d’un rapport imposé, le risque sanitaire s’ajoute ainsi à la violence subie.

Des conséquences physiques parfois durables

La sage-femme évoque également plusieurs conséquences physiques pouvant survenir après une violence sexuelle. Il peut s’agir de blessures, de douleurs ou de saignements, mais aussi de lésions vaginales ou abdominales. Certaines conséquences peuvent s’inscrire dans la durée, notamment avec l’apparition de douleurs pelviennes ou gynécologiques chroniques.

Une violence aux lourdes séquelles invisibles

Les répercussions d’une violence sexuelle ne sont pas que physiques. Selon Mme Maimouna Guissé, une femme peut également être confrontée à une peur persistante, à de l’anxiété ou à un sentiment d’insécurité après les faits. Ces conséquences peuvent affecter son quotidien, notamment à travers des troubles du sommeil et des difficultés de concentration.

Au-delà de ces manifestations, le traumatisme peut également s’inscrire dans le temps. La sage-femme évoque ainsi le stress post-traumatique, qui peut constituer l’une des conséquences psychologiques possibles après une violence sexuelle. La souffrance peut donc se poursuivre bien après les faits, même lorsque les blessures physiques ont disparu.

La nécessité d’une prise en charge rapide

Face à ces différents risques, la sage-femme insiste sur l’importance de se faire consulter rapidement après une violence sexuelle. Cette consultation permet notamment d’examiner et de traiter d’éventuelles blessures, mais aussi de procéder au dépistage et à la prévention des infections sexuellement transmissibles.

La prise en charge peut également comprendre des mesures de prévention du VIH, une contraception d’urgence pour réduire le risque de grossesse non désirée, ainsi que la vérification et la mise à jour de la vaccination contre l’hépatite B. Un accompagnement psychologique peut également être nécessaire.

Lorsqu’une relation sexuelle est imposée, le risque ne se limite donc pas à l’acte lui-même. L’exposition aux infections, aux blessures et aux conséquences psychologiques peut affecter durablement la santé des femmes, d’où l’importance d’une prise en charge médicale rapide.

Rama