Durant son parcours académique et scientifique, le Dr Mouhamadou Sy a évolué au sein de plusieurs institutions universitaires de renom, parmi lesquelles l’université de Cergy-Pontoise, l’Imperial College London, la Johns Hopkins University ainsi que l’AIMS Sénégal. Scientifique spécialisé en mathématiques appliquées, il s’est distingué par ses travaux de recherche ainsi que par son engagement en faveur de la vulgarisation scientifique et de la promotion des langues africaines dans l’enseignement des sciences. C’est dans cette dynamique qu’il a développé et présenté, le 7 mai dernier, « StochArena », une plateforme numérique dédiée aux mathématiques avancées, avec pour ambition de rendre l’apprentissage plus accessible, interactif et multilingue. Cet entretien s’intéresse à cette initiative innovante, en mettant en lumière son objectif de démocratisation des sciences à travers le numérique et les langues africaines.
Quel est l’objectif de StochArena ?
La plateforme StochArena a été conçue dans le but de rendre les mathématiques avancées plus accessibles au grand public. Elle vise à lever deux barrières majeures, à savoir la complexité des concepts scientifiques et la barrière linguistique. Grâce à des outils interactifs et visuels, elle transforme des notions abstraites en expériences plus concrètes et accessibles depuis un simple téléphone.
À qui s’adresse StochArena ?
StochArena ne s’adresse pas uniquement à un public académique restreint. Elle cible les étudiants et enseignants en sciences, en économie et en mathématiques, mais également les professionnels de la finance, des statistiques et de l’analyse de données. Plus largement, elle concerne toute personne désireuse de comprendre les mécanismes du hasard. L’intégration des langues africaines permet, en outre, d’élargir l’accès à des publics souvent éloignés des contenus scientifiques numériques.
Pourquoi avoir intégré les langues africaines dans la plateforme ?
Le choix des langues africaines s’inscrit dans une démarche d’inclusion et de démocratisation du savoir. Il s’agit de rapprocher les sciences des populations qui en sont souvent éloignées en raison de la langue. L’usage du pulaar, entre autres, ouvre de nouvelles perspectives et démontre qu’il est possible d’enseigner des notions scientifiques avancées dans des langues locales sans en réduire la complexité.

Quelles sont les ambitions de StochArena ?
Le projet s’inscrit dans une vision progressive. À court terme, il s’agit déjà d’un outil pédagogique multilingue fonctionnel. À moyen terme, il ambitionne de démontrer que les mathématiques avancées peuvent être enseignées en langues africaines. À long terme, l’objectif est de créer un modèle reproductible pouvant être étendu à d’autres disciplines scientifiques et à d’autres langues du continent africain.
Quelles évolutions sont prévues pour la plateforme ?
Plusieurs perspectives de développement sont envisagées. Parmi elles figurent l’ajout de nouvelles langues comme l’arabe, le soninké et le wolof, ainsi que l’intégration de contenus liés à l’intelligence artificielle et à la modélisation climatique. Le projet prévoit également la mise en place d’une version destinée aux universités et centres de formation, ainsi qu’un espace interactif permettant aux utilisateurs de s’exercer à travers des expériences pratiques et compétitives.
