En Mauritanie, les militantes des droits des femmes et des filles sont régulièrement la cible d’intimidations et de menaces. C’est le cas pour Lalla Aïcha Horma qui est victime de cyberharcèlement pour avoir dénoncé la violence sur les femmes et jeunes filles en Mauritanie.
Alors que le phénomène des violences faites aux femmes persiste en Mauritanie, les militantes féministes y vivent un quotidien difficile. En effet, ces dernières sont souvent victimes de campagnes de pression, d’intimidation et de cyberharcèlement dont le seul but est de les faire taire. Lalla Aïcha Horma, militante féministe, en a récemment fait les frais. Pour avoir réclamé l’application de la loi dite Karama, elle fait l’objet d’une vague de haine et de cybermenace. « Lors de ma participation à l’émission “Zilal Al-Khabar” sur la chaîne El Sahel, j’ai abordé des points précis en répondant aux questions sur le soutien et l’accompagnement des victimes de viol et de violences sexuelles, l’obligation de protéger les données personnelles des victimes, la nécessité de réclamer une loi claire protégeant les femmes et les filles », a-t-elle déclaré à AfricTivistes CitizenLab Mauritanie.
Revenant sur l’émission où elle analysait le texte de loi dit « Karama », Lalla Aicha a précisé que « la source de ce texte juridique attendu m’importait peu – qu’elle soit tirée de la Sharia ou de toute constitution humaine –, cela relevant du rôle du législateur mauritanien, qui est lui-même tenu de respecter la Charia islamique en tant que source de législation ». Dans son intervention, la militante féministe a demandé « une lecture sérieuse » et un débat franc et ouvert autour du projet de loi dit « Karama » qui vise à renforcer l’arsenal juridique mauritanien pour protéger les femmes contre diverses formes de violence, notamment domestique et sexuelle, ou à défaut, son remplacement par un autre texte faisant consensus, l’essentiel étant d’incriminer explicitement et directement l’acte de viol ».

« Vague de haine et de cyberharcèlement »
Depuis cette sortie, Lalla Aicha subit une vague de cyberharcèlement comprenant des insultes, des injures, des accusations d’apostasie (takfir) et des menaces.
Face à cette campagne de pression et de harcèlement qui porte atteinte à sa personne et à sa famille, l’activiste a décidé de saisir les autorités judiciaires pour défendre ses droits et faire cesser de tels agissements. « J’ai porté plainte contre certains comptes et pages dont les propriétaires ont publié des contenus d’incitation à la haine et de takfir à mon encontre. »
Ces tentatives de cyberharcèlement visant les défenseurs des droits des femmes et filles en Mauritanie renseignent sur la sensibilité et la complexité de la question liée à certaines réalités sociales et sociétales en République islamique de Mauritanie.
Zoulekha
